Maïs OGM : le gouvernement ne remet pas en cause la clause de sauvegarde

C’est un avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments
(Afssa) qui suscite déjà la polémique. Selon Le Figaro du jeudi 12 février, qui s’est procuré ce document présenté comme “secret“, l’Afssa estime que le maïs génétiquement modifié MON 810 du
semencier Monsanto ne présente pas de danger pour la santé humaine.

“L’Afssa considère que les éléments du rapport d’Yvon Le Maho
[directeur de recherches au CNRS et auteur d'un rapport sur lequel
s'est basée la France pour interdire la culture du MON 810] n’apportent aucun élément nouveau qui remettrait en cause la sécurité des maïs portant l’évènement MON 810″, explique ce document datant du 23 janvier.

Dans l’après-midi, le ministère de l’écologie a assuré que cet avis de
l’Afssa, “qui ne concerne que des sujets sanitaires”, ne remet pas en
cause la clause de sauvegarde suspendant la culture du maïs OGM, prise “sur des fondements environnementaux”.

Invoquant “le principe de précaution”, le gouvernement français avait
interdit, début février 2008, la culture de cette semence transgénique et déclenché auprès de l’Union européenne la clause de sauvegarde, suivant ainsi l’avis de la Haute Autoritéмебели пловдив provisoire sur
les organismes génétiquement modifiés.

En octobre, l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) avait estimé, au contraire, qu’”aucune preuve scientifique, en termes de risques pour la santé humaine ou animale ou pour l’environnement, n’a été fournie pour justifier l’invocation d’une clause de sauvegarde”,
ouvrant la porte à une bataille entre Paris et Bruxelles sur le sujet.
Le mois suivant, Monsanto avait tenté sans succès de faire lever la
mesure devant le Conseil d’Etat.

La diffusion de cet avis de l’Afssa ne devrait pas faciliter la tâche du
gouvernement français : Jean-Louis Borloo, ministre de
l’écologie qui avait activé la clause de sauvegarde, doit en effet
défendre, lundi 16 février, devant la Commission européenne cette clause de sauvegarde activée par la France, croit savoir Le Figaro.

Les premières réactions à cet avis ont été globalement hostiles. Pour la FNSEA, premier syndicat agricole français, “il est temps que le
gouvernement se mouille, qu’il prenne ses responsabilités vis-à-vis de
Monsanto, des producteurs de maïs et des consommateurs”. De leur côté, les écologistes ont dénoncé un rapport favorable aux producteurs d’OGM.

“Le lobby pro-OGM essaie à chaque fois, avant chaque grande
échéance européenne, de repousser le bouchon pour essayer de vendre sa camelote”, a déclaré sur France-Inter le militant anti-OGM José Bové. L’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage dénonce même une “opération de manipulation”.

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